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La mort n’oublie personne
mai 14, 2009, 7:07
Classé dans : Article

mort

[Article publié dans le quotidien La Croix en mai 2009]

Jean Ricouart ne devait pas être né sous une bonne étoile. En 1946, tout juste rentré de déportation pour faits de résistance, le jeune homme est à nouveau inculpé de complicité de meurtre par un juge d’instruction qui officiait déjà sous l’Occupation. Les faits qui lui sont reprochés ? Avoir participé, quelques années plus tôt, à l’assassinat d’un homme considéré comme traître et collaborateur. Dès lors, sa vie – mais aussi celles de sa femme et de son jeune fils – bascule et vire au cauchemar.

Adaptée d’un roman de Didier Daeninckx, « La mort n’oublie personne » n’est pas une fiction joyeuse. Enserré entre les briques rouges des corons, le gris plombé du ciel et la rouille triste des ateliers, étouffé par un contexte historique peu propice aux idylles et aux romances amoureuses, le destin de Jean Ricouart, malgré quelques éclaircies temporaires, se déroule comme une histoire désespérée ponctuée de bien funestes coups du sort.

Dans leur adaptation, Laurent Heynemann et Marie-Pierre Thomas n’ont pas cherché à entretenir le suspense : dès les premières minutes, une bonne part de l’intrigue et de ses enjeux dramatiques est dévoilée. La tension qui émane de chaque plan de « La mort n’oublie personne » provient plus de cette destinée inéluctable d’un homme sur lequel la malchance paraît s’acharner, qu’il poursuive naïvement et honnêtement ses idéaux ou cherche à se venger.

Au-delà de ces aspects narratifs, ce téléfilm est aussi un témoignage historique intéressant sur la période de l’Occupation et de l’immédiat après-guerre. Sans manichéisme, il dépeint différents types de comportements humains : non seulement les attitudes héroïques et les attentistes, mais aussi les hommes résistant par intérêt et tirant parti du chaos. Une diversité des caractères qui rend compte de la complexité de l’époque.

Téléfilm diffusé sur France 2 le 5 mai 2009.


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