[Billet publié sur le site Abcdrduson en mai 2009]
Seth Gueko – La Chevalière (2009)
Impressions après six ou sept écoutes. Après les projets hybrides “Barillet plein”, “Patate de forain” et “Drive-by en caravane”, le premier “vrai” album de Seth Gueko est sorti aujourd’hui dans les bacs, et hier chez les Russes. “La Chevalière” compte quinze titres, pas mal de raisons de se réjouir et d’autres d’être un peu déçu. Comme il l”annonçait en interview, Gueko se livre un peu plus que sur ses street-cd’s, avec des textes autobiographiques et personnels (‘Barre de fer’, ‘Couple Impair’, ‘J’oublierai pas’). Avantage : le rappeur de Saint-Ouen-l’Aumône prouve qu’au-delà de la gouaille et des punchlines fracassantes, il est l’une des plumes les plus efficaces du rap français actuel dans différents styles, confirmant ce que laissaient présager des titres comme ‘Marche funèbre’ ou ‘Destins croisés’. Avec en plus cette espèce de charisme qui irradie ses morceaux. Revers de la médaille : même si on se marre encore pas mal, avec des concepts rentre-dedans et des phrases super efficaces (‘Bistouflex’, ‘Ca défouraille’ et ‘Aka’ en première ligne), quelques titres un peu plus faibles, à la première écoute, cassent le rythme sur la fin de l’album. Reste à savoir quelle sera la durée de vie de cet album, et si les morceaux personnels ne finiront pas par lasser plus vite que les délires bourrins.
AP – Discret (2009)
Premier album pour AP du 113, dernier du collectif de Camille Groult à se lancer dans l’aventure solo après les sorties de Rim-K (“L’enfant du pays”, “Famille nombreuse”) et Mokobé (“Mon Afrique”). Pas de grande surprise ni de grosse déception : ni spécialement bon, ni mauvais, “Discret” est globalement moyen. AP compense par un sens de la formule intermittent ses faiblesses d’écriture et son flow un peu trop rigide. Signe d’un manque d’inspiration ou running clin d’oeil, sa tendance à reprendre dans ses lyrics des phases de son groupe et, plus largement, de la Mafia K’1 Fry, fait plutôt plaisir. Les instrus sont en dents de scie, parfois très efficaces dans le registre symphonie nocturne électrique (cherche vraiment pas à comprendre), parfois trop fête foraine. A noter un excellent morceau reggaeisant – façon ‘Militant’ du 113 – avec Sizzla, un Dry toujours au taquet sur ‘Tempéraments’ et un bon ‘Dernier souffle’ plus personnel.
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