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Axelle Benamran a 33 ans. Elle est juriste, conseil d’entreprise et fiscaliste. Cette jeune femme d’origine séfarade s’est présentée sur la liste électorale de Fabienne Keller (UMP) pour les municipales à Strasbourg.
Vous êtes présentée comme étant la première femme juive séfarade sur une liste électorale. C’est important pour vous ?
Axelle Benamran : Oui, cela signifie que pour une fois les femmes d’origine séfarade ont peut-être un pied dans l’implication politique dans la cité sans le faire dans un contexte juif, au sein de leur communauté.
Quel parcours avez-vous suivi dans votre engagement ?
Je suis militante depuis des années pour lutter contre la discrimination, pour promouvoir l’égalité des chances, le rapprochement des peuples et des cultures et le dialogue judéo-arabe. C’est pour cela que j’ai adhéré au mouvement des « Marianne de la diversité », dans lequel je milite actuellement. Le but de cette association est de mettre en avant des femmes issues de la diversité, mais aussi de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.
C’est dans ce contexte que j’en suis venue à la politique. Il existe deux types de personnes : celles qui pensent et celles qui font. L’engagement en politique, c’est prendre une responsabilité qu’on n’est pas obligé de prendre. C’est cette année que je suis passée de la phase d’engagement idéologique à la phase d’action, en me présentant sur la liste UMP de Fabienne Keller. Aujourd’hui j’ai 33 ans, je suis mère, mon activité professionnelle est assise, donc je peux prendre sur mon temps libre pour cela.
Votre religion a-t-elle joué un rôle dans les différentes phases de cet engagement ?
La religion a été très importante pour moi. Dans le sens où elle n’a pas été synonyme de repli sur soi, mais d’ouverture vers l’extérieur. J’ai été élevée dans un cadre traditionnaliste, mais dans une réelle mixité culturelle, du fait des origines de mes parents (une mère catholique allemande convertie au judaïsme et un père juif séfarade). Ensuite, le fait que je sois juive est effectivement à l’origine de mon engagement en politique, car quand on fait partie d’une minorité, on est plus sujet à subir la discrimination et donc à s’engager contre celle-ci. C’est mon cas.
Pensez-vous pour autant que l’expression « vote juif » ait un sens ?
Non, il n’existe pas de vote juif. Le fait d’être juif ne vous met pas dans une bulle. Notre communauté est exactement comme la société : il y a différents mouvements, différentes manières de penser. Nous représentons une somme d’individualités. Il y a un profond respect pour les choix et la sensibilité de chacun. Le grand rabbin ou le Consistoire n’ont jamais donné de consignes de vote.
Interview réalisée dans le cadre d’un dossier collectif sur la communauté juive de Strasbourg.
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