Machine à écrire


Luda squatte le grand écran
septembre 7, 2009, 8:59
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Abcdr_LudacrisAprès l’avoir vu incarner les personnages de Tej dans “2 Fast 2 Furious”, Skinny Black dans “Hustle & Flow” et Jim Bravura dans le nullissime “Max Payne”, vous allez avoir l’immense privilège de voir Ludacris interpréter un chef de la résistance dans “Ultimate Game”. What the fuck ?! Un brand new nanard tout claqué ? Eh bien non, pas trop en fait. Le long-métrage de Mark Neveldine et Brian Taylor, qui sortira sur les écrans français le 9 septembre et fait partie de la sélection officielle du festival de Deauville 2009, est même plutôt sympa. Un bon film d’action/science-fiction bien ficelé, blindé de testostérone, d’explosions, de rafales de balles et de vertèbres qui craquent. Le scénar’, inspiré par l’univers des jeux vidéos et les films d’anticipation, est un peu trop compliqué pour être résumé en deux mots, alors foncez sur Allociné si le coeur vous en dit. Luda’ ne tient pas l’un des rôles principaux – ceux-ci sont joués par Gerard Butler (du sans doute très mauvais “300″) et Michael C. Hall (des géniales séries “Six Feet Under” et “Dexter”) – mais a quand même le temps de placer une bonne dizaine de “brother” en quelques répliques.



Bruxelles vibes
septembre 7, 2009, 8:57
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Abcdr_ScyllaOn l’avait découvert il y a quelques mois à l’occasion de son clash contre le beatmaker Crown. Voix grave bien posée, phases brutes bien dosées, le MC bruxellois Scylla, biberonné au rap bleu-blanc-rouge, a sorti dans la foulée un premier EP, “Immersion”, dont nous n’avions malheureusement pas parlé. “Malheureusement”, car ce disque, porté par le violent ‘BX Vibes’ et produit par Crown, Soul Children, Nizi et Soulplayer révèle un MC tout terrain extrêmement talentueux, tant dans l’introspection et les descriptions que dans les egotrips. Rugueux comme Médine, le rappeur à la “voix d’ogre et au visage d’ange” prépare actuellement son album solo. Ceux qui n’aiment pas la Belgique vont chier vert.



Berceuses pour psychopathes
septembre 7, 2009, 8:55
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Abcdr_DroogzCeux qui avaient assisté au concert parisien de Necro et Mr Hyde à la fin de l’année dernière s’en souviennent encore. Juste avant l’arrivée sur scène des deux rappeurs new yorkais, une bande de toulousains enragés était venue cracher une floppée de lyrics crasseux dans les micros du Gibus. Accompagnée du groupe parisien Stamina, la Droogz Brigade, dont le EP “Dissection” est toujours disponible, remettra le couvert samedi soir en première partie du concert de La Coka Nostra à l’Elysée Montmartre, que nous annoncions il y a quelques jours ici-même. Dans le même temps, Al’Tarba, beatmaker du crew et rappeur à ses heures perdues, prépare tranquillement la sortie de plusieurs projets, dont un “Abstract EP” entièrement instrumental que les quelques extraits disponibles annoncent excellent.



In the mood for life
septembre 7, 2009, 8:50
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Abcdr_Wax TailorLe 21 septembre prochain sortira “In the mood for life”, le nouvel album du producteur français Wax Tailor. Après le magnifique “Tales of the forgotten melodies” et le bon “Hope & Sorrow”, ce troisième opus composé entre Paris et New York creuse à nouveau le sillon éclectique tracé précédemment, entre mélancolie grisâtre, boom bap sautillant et accents pop. Au menu, 19 titres et des invités en pagaille, des chanteuses Charlotte Savary et Sara Genn aux rappeurs de ASM, en passant par le désormais célèbre Charlie Winston. Et toujours cette profonde richesse musicale et un feeling impressionnant pour assembler ces petits bouts de “mélodies oubliées” et les parties instrumentales jouées par des musiciens classiques. Le premier extrait de l’album récemment clippé, ‘Say Yes’, le confirme : Wax Tailor est l’un des meilleurs producteurs français actuels.



New Crack City
septembre 7, 2009, 8:48
Classé dans : Brèves

Abcdr_VenomQuand c’est l’heure, c’est l’heure des meurtres… Zigzaguant entre le Mal et les délits, les trottoirs glauques, les bars sales et les bagarres d’ivrognes, les derniers passants se pressent dans les rues désertes de la ville. Les putes jettent des regards effrayés par-dessus leur épaule et flippent de leur propre ombre. Planqués dans un coin, avec une piquouze et un garrot, les toxicos attendent le sachet blanc comme d’autres le Messie. Dans un terrain vague, couché sous un carton, Démon ressasse ses souvenirs et aiguise sa lame. Même les guitaristes ont fui le train de minuit. Quant aux flics corrompus, ils ont trop peur pour sortir de leur QG.

Seul dans cette jungle de béton, appliquant sa propre justice, Venom lutte contre la mainmise du Caïd qui organise le trafic de came et transforme les habitants de la ville en zombies. Nourri aux polars urbains, aux comics et au rap new yorkais des années 90, son premier album, “Un justicier dans la ville”, est sorti en catimini en juin dernier. Il est disponible chez quelques disquaires parisiens et provinciaux ainsi que sur le myspace de Marvel Records, qui propose également d’en écouter un teaser.



Infinita Tristeza
mai 19, 2009, 10:54
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anchise

Il y a quelque chose de profondément envoûtant dans l’écriture de Maryline Desbiolles. Quelque chose de difficile à saisir et d’encore plus difficile à définir avec précision. Une petite poésie, tapie au coeur de longues phrases qui tanguent et cahotent au gré des images, parsemées de virgules salutaires bien qu’un rien suffocantes. “J’ai le goût des phrases haletantes, d’une bousculade, très travaillée“, expliquait la romancière au webzine Art Vif fin 2007. “Si on les lit à haute voix, on a le sentiment que le souffle vient à manquer, j’y tiens beaucoup. C’est peut-être la caractéristique principale de mes livres. Cette façon de courir, fût-ce à sa perte, mais de courir.

Née en 1959 à Ugine (Savoie), Maryline Desbiolles vit aujourd’hui dans l’arrière-pays niçois, personnage à part entière récurrent de ses livres. Entre romans, nouvelles, recueils de poésie et pièce de théâtre, elle a publié une quinzaine d’ouvrages, dont une partie est disponible en format poche aux éditions du Seuil. A ce jour, son plus gros succès semble être “Anchise”, roman publié en 1999 et récompensé par le prix Femina.

C’est à travers ce récit que j’ai découvert l’auteur, il y a quelques mois. Un peu par hasard ; les couleurs  vives de la couverture ont attiré mon regard, le titre m’a intrigué, le résumé a achevé de me convaincre. “Anchise” raconte l’histoire d’un vieil homme vivant seul dans les hauteurs de Nice, le long d’une route départementale où personne ne s’arrête. Sa vie est un long deuil, un deuil infini : celui de “Blanche”, son épouse,  décédée quelques temps après leur mariage, des décennies plus tôt. Anchise – c’est le nom du vieil homme – ne s’en est jamais remis, et erre depuis dans sa propre vie, entre mort et remords, souvenirs et sommeil apathique.

Rien ne me plaît autant que de lire un livre que je commence par ne pas comprendre, rien ne me plaît autant que ces débuts de livres où on a l’impression de se faire embarquer, de partir vers la haute mer. C’est un bonheur de lecture et, sans doute, un bonheur d’écriture. Cet appétit d’inconnu a fondé ma manière de lire et ma manière d’écrire.” (entretien accordé au magazine en ligne Art Vif, 2007)

Il m’a fallu plusieurs tentatives pour parvenir à dépasser les quinze premières pages, plusieurs tentatives pour être finalement absorbé par l’histoire désespérée d’Anchise. Composés de descriptions climatiques et paysagères, émaillés d’actions rares et peu compréhensibles, les premiers chapitres sont plutôt arides. Puis les personnages s’installent ; Anchise et ses voisins qu’il ne voit jamais, le couple Sasso et la Thomas, chacun dans leur univers clos, mais aussi la nature, si particulière et symbolique dans ce lieu oublié qui n’est déjà plus la ville sans être tout à fait la campagne. Après un temps d’adaptation, je me suis habitué au rythme lent et aérien du récit, à l’image des vies de ces êtres hors du temps presque malgré eux.

Ces hoquets, cette difficulté à entrer immédiatement “dans” le récit, se sont répétés, dans une moindre mesure, avec les trois autres excellents livres de Maryline Desbiolles que j’ai lus ensuite – “Amanscale”, “Les draps du peintre” et “Le petit col des loups”. Il faut à chaque fois lutter avec ces débuts qui se refusent, avec ces débuts volontairement étranges et peu vendeurs, un peu rébarbatifs. Mais les choses sont facilitées à partir du deuxième livre ouvert, parce qu’on devine alors dès les premières lignes la beauté singulière de ce qu’on y trouvera après.



La mort n’oublie personne
mai 14, 2009, 7:07
Classé dans : Article

mort

[Article publié dans le quotidien La Croix en mai 2009]

Jean Ricouart ne devait pas être né sous une bonne étoile. En 1946, tout juste rentré de déportation pour faits de résistance, le jeune homme est à nouveau inculpé de complicité de meurtre par un juge d’instruction qui officiait déjà sous l’Occupation. Les faits qui lui sont reprochés ? Avoir participé, quelques années plus tôt, à l’assassinat d’un homme considéré comme traître et collaborateur. Dès lors, sa vie – mais aussi celles de sa femme et de son jeune fils – bascule et vire au cauchemar.

Adaptée d’un roman de Didier Daeninckx, « La mort n’oublie personne » n’est pas une fiction joyeuse. Enserré entre les briques rouges des corons, le gris plombé du ciel et la rouille triste des ateliers, étouffé par un contexte historique peu propice aux idylles et aux romances amoureuses, le destin de Jean Ricouart, malgré quelques éclaircies temporaires, se déroule comme une histoire désespérée ponctuée de bien funestes coups du sort.

Dans leur adaptation, Laurent Heynemann et Marie-Pierre Thomas n’ont pas cherché à entretenir le suspense : dès les premières minutes, une bonne part de l’intrigue et de ses enjeux dramatiques est dévoilée. La tension qui émane de chaque plan de « La mort n’oublie personne » provient plus de cette destinée inéluctable d’un homme sur lequel la malchance paraît s’acharner, qu’il poursuive naïvement et honnêtement ses idéaux ou cherche à se venger.

Au-delà de ces aspects narratifs, ce téléfilm est aussi un témoignage historique intéressant sur la période de l’Occupation et de l’immédiat après-guerre. Sans manichéisme, il dépeint différents types de comportements humains : non seulement les attitudes héroïques et les attentistes, mais aussi les hommes résistant par intérêt et tirant parti du chaos. Une diversité des caractères qui rend compte de la complexité de l’époque.

Téléfilm diffusé sur France 2 le 5 mai 2009.



Au fin fond d’une contrée…
mai 9, 2009, 8:19
Classé dans : Citation

Un baiser de notre mère et on dort puis on devient l’auteur d’épopées sans limites, bien avant qu’elles ne s’enlaidissent. Joyeux et tristes, mes souvenirs sont métisses et leurs cendres sont mes disques.

Piloophaz – Au pays des rêves bleus (inédit)



En bref : Al’Tarba et Piloophaz
mai 9, 2009, 4:46
Classé dans : Billet, Chronique de disque

Tout d’abord, une première mise au point“, aurait dit Kool Shen.

Juste quelques lignes, en fait, pour rappeler que cette rubrique n’est pas un débarras. Les albums dont il est question ici ne sont pas, par principe, moins bons que ceux critiqués dans la section “chroniques” du site. Ils ne mériteraient pas moins de faire l’objet de papiers plus longs et développés. Seulement le temps fuit : nous ne pouvons pas parler de tout ce que nous voulons, et nous n’avons pas non plus forcément des millions de choses à raconter sur tous les albums, aussi bons soient-ils. Alors plutôt que de passer certaines sorties sous silence, mieux vaut en parler sous un format plus synthétique et “ramassé”.

Al’Tarba – “Blood Out Connections” (2009)

al-tarbaLà, comme ça, même en étant loin d’avoir écouté tout ce qui se fait en production made in France, j’ai envie de décréter qu’Al’Tarba est le meilleur beatmaker français. Son deuxième album est typiquement le genre de disques dont j’aurais voulu faire une grosse chronique, et la voir des semaines de suite en haut de la page d’accueil de l’Abcdr. Seulement je n’ai pas des kilos de choses à rajouter à ce qui a déjà été expliqué dans l’interview que le producteur toulousain nous avait accordé peu de temps après la sortie de “Rap, ultraviolins & beatmaking” fin 2007. “Blood Out Connections” offre encore un beau panel de ses prods sombres et de ses atmosphères poisseuses, mêlant, entre sampling et composition, de multiples influences et éléments savamment sélectionnés, disséqués, assemblés et compactés. Les titres, inédits ou déjà entendus ici et là (myspaces, projets divers…) voient se succéder des MC’s français (son groupe, la Droogz Brigade, mais aussi Seth Gueko, Al K-Pote, Aketo, Swift Guad, Mysa) et américains, souvent du gouffre. Bonne nouvelle : Al’Tarba lâche plus de morceaux purement instrumentaux que sur son disque précédent, dont un ‘Dead end’ beau comme une prod de Mr Teddybear – époque “Des lumières sous la pluie”. Ceux qui ont vu le jour se lever après une nuit blanche apprécieront.

Piloophaz – “Moissons tardives” (2008)

piloophaz-moissons-tardivesA moissons tardives, chronique tardive, ça roule, pas de problème, on est raccord. “Moissons tardives”, donc, est une compilation sortie par le MC et producteur stéphanois Piloophaz (ex-Cinquième Kolonne) il y a un peu plus d’un an. On y retrouve des morceaux inédits ou rares conçus entre 2002 et 2008. Aucun featuring au micro, mais quelques-uns à la prod : Trauma, Shenone et Antes. Comme souvent avec Piloophaz, le projet est bon et vaut le détour, que ce soit d’un point de vue musical (bonnes boucles, beats secs, scratches, quelques dialogues de films) ou lyrical : “Moissons tardives” est un condensé efficace de boom-bap tantôt offensif, tantôt plus introspectif, toujours intelligent, bien écrit et bien rappé. A noter, une fois de plus, la fracassante introduction scratchée de DJ O’Legg et de bons skits instrumentaux. En attendant un nouveau “vrai” album – annoncé – et pour rester un peu plus dans l’actu, ceux qui iront faire un tour sur le Myspace de Piloophaz pourront écouter quelques titres plus récents, télécharger pas mal de morceaux et voir la video d”Esprit Hurleur’ qui est, je crois bien, son premier clip. A voir aussi : le blog de Skyzominus, son label et crew.



Zapping express : Seth Gueko et AP
mai 4, 2009, 9:54
Classé dans : Billet, Chronique de disque

[Billet publié sur le site Abcdrduson en mai 2009]

Seth Gueko – La Chevalière (2009)

sethImpressions après six ou sept écoutes. Après les projets hybrides “Barillet plein”, “Patate de forain” et “Drive-by en caravane”, le premier “vrai” album de Seth Gueko est sorti aujourd’hui dans les bacs, et hier chez les Russes. “La Chevalière” compte quinze titres, pas mal de raisons de se réjouir et d’autres d’être un peu déçu. Comme il l”annonçait en interview, Gueko se livre un peu plus que sur ses street-cd’s, avec des textes autobiographiques et personnels (‘Barre de fer’, ‘Couple Impair’, ‘J’oublierai pas’). Avantage : le rappeur de Saint-Ouen-l’Aumône prouve qu’au-delà de la gouaille et des punchlines fracassantes, il est l’une des plumes les plus efficaces du rap français actuel dans différents styles, confirmant ce que laissaient présager des titres comme ‘Marche funèbre’ ou ‘Destins croisés’. Avec en plus cette espèce de charisme qui irradie ses morceaux. Revers de la médaille : même si on se marre encore pas mal, avec des concepts rentre-dedans et des phrases super efficaces (‘Bistouflex’, ‘Ca défouraille’ et ‘Aka’ en première ligne), quelques titres un peu plus faibles, à la première écoute, cassent le rythme sur la fin de l’album. Reste à savoir quelle sera la durée de vie de cet album, et si les morceaux personnels ne finiront pas par lasser plus vite que les délires bourrins.

AP – Discret (2009)

apPremier album pour AP du 113, dernier du collectif de Camille Groult à se lancer dans l’aventure solo après les sorties de Rim-K (“L’enfant du pays”, “Famille nombreuse”) et Mokobé (“Mon Afrique”). Pas de grande surprise ni de grosse déception : ni spécialement bon, ni mauvais, “Discret” est globalement moyen. AP compense par un sens de la formule intermittent ses faiblesses d’écriture et son flow un peu trop rigide. Signe d’un manque d’inspiration ou running clin d’oeil, sa tendance à reprendre dans ses lyrics des phases de son groupe et, plus largement, de la Mafia K’1 Fry, fait plutôt plaisir. Les instrus sont en dents de scie, parfois très efficaces dans le registre symphonie nocturne électrique (cherche vraiment pas à comprendre), parfois trop fête foraine. A noter un excellent morceau reggaeisant – façon ‘Militant’ du 113 – avec Sizzla, un Dry toujours au taquet sur ‘Tempéraments’ et un bon ‘Dernier souffle’ plus personnel.